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AGEFI - 27 Novembre 2019 : Stalicla accélère sa croissance vers le traitement de l’autisme

La biotech genevoise Stalicla annonce une levée de fonds de 8 millions de francs pour la mi-décembre. La société espère pouvoir démarrer les tests cliniques de son traitement durant la première moitié de 2020.

Une approche du traitement des troubles du spectre de l’autisme, ni psychiatrique, ni psychologique, mais bien pharmacologique. Tel est l’ambitieux projet poursuivi par Lynn Durham, qui a créé Stalicla au Campus Biotech en 2017. En effet, bien que les patients atteints de troubles du spectre de l’autisme représentent environ 1,5 % de la population mondiale, il n’existe pour le moment aucun traitement capable d’améliorer très significativement la qualité de vie de ces patients. La prise en charge est uniquement symptomatique et passe par des thérapies éducatives.

La jeune biotech change de paradigme dans ce domaine, puisqu’elle pour propose des options de traitements pharmacologique personnalisés aux patients atteints de troubles du spectre de l’autisme.

«Longtemps vus sous le prisme de la psychiatrie et de la psychologie, les troubles du spectre de l’autisme possèdent une très forte composante génétique et biologique, que les outils d’analyse des données nous permettent désormais d’appréhender, dans une approche personnalisée de cette pathologie - explique Lynn Durham, Franco-Américaine et fondatrice de la biotech. Pensez ici aux vrais jumeaux, fréquemment atteints ensemble d’autisme. Il s'agit d'une affection biologique, qui touche essentiellement le cerveau, mais pas seulement. Les autres affections dont souffrent ces patients permettent de les classifier en sous-groupe grâce au big data.»

 En misant sur l’analyse des données au service de la médecine personnalisée, Stalicla a pu identifier en effet des sous-groupes de patients grâce à la mise en évidence de signatures métabolomiques distinctes, et a pu identifier un premier traitement potentiel.

Une plateforme algorithmique

Basé sur le computational systems biology (une approche ayant émergé ces quatre dernières années analysant les systèmes biologiques au travers du big data et du machine learning), la plateforme algorithmique développée par Stalicla croise les données issues de la recherche avec des données personnalisées de patients pour identifier des marqueurs moléculaires. Stalicla a identifié grâce à son algorithme des sous-groupes de patients. Elle établit ensuite le potentiel thérapeutique de molécules existantes ou même de médicaments déjà développés, mais repositionnés pour ces patients en particulier. En somme, c’est une approche de la médecine personnalisée appliquée à l’autisme.

«Les médicaments actuellement développés pour le traitement des troubles du spectre de l’autisme le sont dans une approche globale de l'autisme. Ils ne considèrent pas que l’autisme soit en réalité pluriel ; biologiquement, il n’y a pas un mais des autismes.» Basée sur le big data, l’approche de Stalicla propose une médecine personnalisée, adaptée à des groupes de patients aux profils finement établis. «Notre plateforme algorithmique (DEPI) permet d’analyser des données cliniques, des répertoires de données de patients réels, des comptes rendus de recherches, pour identifier des groupes de patients précis puis le potentiel thérapeutique de molécules ou de médicaments déjà développés, mais repositionnés pour ces patients en particulier.»

Levée de fonds

Stalicla progresse rapidement. La biotech genevoise a annoncé une première thérapie de précision expérimentale, baptisée «STP1 » qui s'adresse à un sous-groupe distinct de patients atteints de TSA, estimé à 2 millions de personnes en Europe et en Amérique du Nord. Pour soutenir le développement de STP1 et créer une forte valeur ajoutée pour toutes les parties prenantes, Stalicla a développé un réseau de partenaires cliniques et de recherche de haut niveau, basée surtout aux Etats-Unis. «Nos travaux ont permis de définir pour la première fois deux sous-groupes précis de patients liés aux troubles du spectre de l'autisme qui se caractérisent, entre autres variables, par des anomalies spécifiques de certains marqueurs moléculaires. Le premier des deux phénotypes que nous avons identifiés regroupant environ 20% de la population souffrant de troubles du spectre de l’autisme, on peut envisager que ce sont autant de patients qui pourraient bénéficier de notre premier package thérapeutique.»

La biotech accélère aujourd’hui son développement puisqu’elle prépare une levée de fonds de série A de 8 millions de francs pour la mi-décembre. Une nouvelle étape qui s’annonce prometteuse. La société espère pouvoir démarrer les tests cliniques sur ce traitement, à l’hôpital pédiatrique américain de Cincinatti, durant la première moitié de 2020. Deux autres candidats thérapeutiques pourraient suivre. «Notre objectif est d'arriver sur le marché vers 2024 ou 2025 et d'étendre le portefeuille de traitements, également pour des pathologies proches, sur la base de notre plateforme algorithmique. Comme nous repositionnons de molécules existantes, le processus est accéléré, de même que le risque est plus faible que de développer quelque chose en commençant à zéro.»

 

 

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